
EDITO
Depuis le temps que ça dure, 23 ans cette année, le festival
des Bars en Trans pourrait se la raconter. Du genre, ils sont passés
par-là, sur une scène surélevée de la hauteur
d'un verre à bière,
et maintenant, ils jouent là-bas. Là-bas où le badge
tout accès revient presque à sortir une amex black de sa poche
revolver. Aux Bars en Trans, ils ne sont pas de cette trempe. Inutile
de perdre son temps à regarder dans le rétroviseur. La nostalgie
les habitera dans une autre vie. Quand il sera temps de se poser.
Non,
le festival dans le festival ne cesse, édition
après édition, de se projeter. D'envisager ce que le futur
de la musique nous réserve. Car la force du rendez-vous est de creuser
toujours plus loin et profond dans les galeries de l'underground.
Pour, une fois l'an, exposer, au grand jour, le résultat de sa quête
aux trésors. Cette dernière
prend la forme d'un joyeux bazar où le monde des musiques actuelles
se refait au plus près du comptoir. Au plus près du pavé.
Au plus près du public. Car c'est bien ce dernier le
moteur des Bars en Trans. Sans lui, pas de bouche à
oreille. Et encore moins de vie. Alors oui, les Bars en Trans ne
se la racontent pas et préfèrent raconter la musique, celle
qui excitera les programmateurs après-demain, au temps présent.
Aux
Bars en Trans, l'important n'est pas la chute et encore moins l'atterrissage.
Mais le décollage.
Arnaud Bénureau (Wik / Kostar)