Retour sur le Jeudi /// LE QUOTIDIEN
Par admin • 2 déc, 2011 • Catégorie: A la Une, ACTUALITES
Ce sont des superwomen. Pas comme celle qui porte une culotte rouge PAR-DESSUS son collant bleu hein ! Ni comme celles de Wisteria Lane d’ailleurs. Non, celles que vous pourrez aller écouter ce soir n’ont rien à voir avec les superficielles dingos du shopping et autres passionnées de macarons violette-orgeat lobotomisées au fooding branchouille tristement hype. Un monde sépare les filles qu’on vous a dégoté pour la soirée des héroïnes de lotissement de télé. On est plutôt allé chercher au rayon fille normale en dehors des clichés qu’on nous rabat à longueur d’année. Exit donc les «met une jupe et surtout ne chante pas trop fort». Exit aussi le modèle à maman bien dans sa cuisine et ses Crocs…Ce qu’on aime nous ce sont les filles qui nous surprennent comme sait le faire Giédré que l’on imagine assez mal touiller sa blanquette d’une main en servant un whisky premier prix à son agent d’assurances de mari… Ce qu’on aime nous ce sont celles qui ont le regard d’acier et la classe des fifties comme Hollysiz. Le genre à vous donner envie de braquer un fourgon de la Brinks au lance-flammes pour lui payer son voyage de noces en Concorde. Ce qu’on aime ce sont les imprévisibles avec un naturel désarmant qui savent nous jouer tous les registres du «ça vous étonne que j’ose chanter ça hein ?» comme Christine And The Queens quand elle entonne «Kiss My Crass» au son de «Christine est sale / J’sens pas très bon, ouai mais j’suis belle» qu’elle répète pour qu’on le comprenne bien…
Autant dire que vous êtes maintenant prévenu, ce soir va falloir assurer les garçons. Et les filles aussi…
Texte : Marc Aumont – Photo : Claire Huteau
Première partie, premier groupe, première impression…
C’est un rôle bien ingrat et difficile que celui d’entamer un concert, on est beaucoup plus facilement critiqué et en danger que les autres… Alors que dire de Greenshape… Les deux gars sont des intellos, c’est clair, on aime ou on aime pas. En tout cas, ils ont le mérite de faire réagir les gens qui les écoutent ! Ce soir, ils étaient controversés, mais au moins ils ont fait parler d’eux en suscitant curiosité et intérêt. On a quand même le sentiment d’avoir face à nous de bons artistes avec un vrai univers. La qualité musicale, pour nous humbles chroniqueurs, était là. On nous enlèvera pas de l’idée que ce fut ce soir, pour une grande partie des curieux présent, une très belle découverte.S’il y a un sentiment qui ressort de cette soirée, c’est bien le respect. Les gens présents ce soir avaient face à eux deux mecs hyper dynamiques, énergiques et bourrés de talent ! Quoiqu’ils fassent, quoi qu’ils jouent, ils étaient toujours à l’aise, dans leur élément. Le truc insupportable est qu’en plus d’être doués, ces gars sont beau gosses et super sympas… Un public peu nombreux mais à fond dedans, de tous âges : de la groupie babs au pilier de bar en trans. L’ambiance était totalement décalée, entre les vapeurs d’alcool et les bouquins qui plantent le décor du Papier Timbré. Un concert qui ouvre de manière insolite et amusante le festival. En somme, un groupe de rockeurs détonnant, à suivre de très près…
Texte : Tess, Benjamin et Mélody – Photo Clara Giboin
On nous a dit de couvrir un concert de keupon. On a dit oui ! On ne savait pas ce qui nous attendait. On s’est dit, on va arriver en retard comme un vrai punk, voire même un punk-à-chien. Pas de bol (ni de gamelle…), on est quand même arrivés en avance.
Finalement Outrage daigne commencer et là surprise ! Ca débute avec des cuivres ; trompette et saxophone nous accueillent. Mais c’est quoi ce bordel On est venus voir des trucs subversifs, des vrais bonhommes et on nous sert du ska. Cependant, ne jugeons pas un punk à la taille de sa crête ! Ca envoie du lourd, c’est maitrisé et ça nous fait remuer les cheveux, et pas que, puisque le reste de la formation ressemble à peu près à un trio keupon standard. Le trompettiste ravitaille ses compères assoiffés en plein set et c’est parti pour une chanson qui nous parle à tous : celle sur la fin de la semaine et la tension commence à monter !
Après une courte pause et quelques réglages, le batteur d’Urban Attack arrache son T-Shirt et c’est parti pour des riffs gras suintant le gasoil. Ils respectent la thématique de la soirée : des rythmiques auxquelles on comprend que dalle, des contretemps trash qui n’ont pas de raison d’être, mais ça reste un ensemble pêchu, bref, un groupe de solides. Enfin, la soirée se conclue sur un bon gros TA GUEULE Lyonnais ! Entre deux blagues plutôt sales, le groupe nous balance des morceaux d’1m20 top chrono comme Surpuissant (dont le titre fut trouvé sur un débouche-chiotte), garde à vulve (une longue histoire racontée après moult supplications…) ou Strangulation masturbatoire (une méthode de suicide comme une autre). Les premiers pogos se lancent et ça part dans tous les sens. Le leader s’en amuse et donne même des petits noms aux gens : ainsi on a Barbarian le chevelu, l’apprenti force de l’ordre ou la gentille punkette aux cheveux roses. Une soirée bien punk quoi…
Texte : Romain Houeix & Francois Lerosier – Photo : Charlotte Marquier
C’est dans un bar bondé que Lail Arad entame la soirée avec un set décontracté mais entraînant.
La demoiselle, petite brune pétillante, dialogue avec le public, annonce chaque chanson avec une touche d’humour. Et pourtant, selon ses dires, elle trouvait l’endroit « effrayant », angoissée par la réputation du festival. Cette habituée des scènes rennaises (elle a déjà joué à l’Antipode et à la Cité) a su imprimer une ambiance rieuse à la première partie de soirée, avant que Nadéah ne fasse son entrée sur scène après s’être maquillée devant les miroirs du bar. En bas résilles et boa rose, la grande blonde australienne dégrafe son pyjama et brandit une tête en plastique – Madeleine – qu’elle dit être sa meilleure amie, rencontrée à l’hôpital psychiatrique. Bondissant du rock au jazz en passant par de douces mélodies folk, sa voix rauque invite la horde du public à rugir avec elle. Point d’orgue de la soirée, Nadéah se jette à quatre pattes sur le comptoir, culotte rouge en évidence, susurrant à l’assistance « I drink Pinot noir and poetry for my breakfast… ». Elle enchaîne avec l’air familier de la chanson Odile puis ne nous laisse pas le choix – le rappel, « on le fait pas, c’est chiant ! » – et nous livre une ballade, une reprise de Prince et une chanson en français en guise d’au revoir. Peu pressée de nous quitter, elle s’offre à la meute des groupies pour une ultime séance de dédicaces et autres photos souvenir.
Texte : Adèle Bossard – Photo : Maxime Jouet
La Femme était tout en blond ce soir. Le concert à débuté dans la cohue, dans la sueur et aussi dans l’escalier. Les frustrés criaient, poussaient, et finalement, se rétractaient. Les murs commençaient à suinter, les gens à suffoquer. Enfin, on aperçoit les cinq membres du groupe. Le t-shirt imbibé de bière, on se fraye un passage jusqu’au premier rang, le temps de comprendre ce qui nous arrive. Les titres s’enchaînent, le public chante «le bus, on te déchire l’anus». La Femme transpire, nous fait penser à un Téléphone des temps modernes. Un brin plus déjanté, plus surf, plus électro! Un Sting sorti tout droit de Quadrophenia qui nous balance enfin son arrogance à la figure. Passant de Tchernobyl, d’un style posé, à une pop beaucoup plus nerveuse, La Femme conquit son public venu nombreux. Ces cinq musiciens s’annoncent déjà comme le renouveau du rock français. Vos chroniqueurs sortent prendre l’air, ayant une légère anxiété de retourner dans la fournaise. Et pourtant le groupe écossais The Fangs parvient à faire la transition. Si le Stade rennais a connu l’enfer du Celtic Glasgow, le Sambre a expérimenté l’ambiance écossaise à plein régime. Grosse claque en perspective. On en prend et on en redemande. On s’agite, on danse avec la chanteuse venue faire rencontre avec les Bretons. Le batteur, et sa coupe à la Alice Cooper, communique sa folie, jonglant frénétiquement entre sa boite à rythme et sa batterie. Une soirée comme on les aime, attention aux prochains soirs…
Texte : Simon CANNONE & Jean-Baptiste DEROUAULT – Photo : Marine et Adèle
C’est dans un Artiste Assoiffé plein à craquer que le groupe parisien Meltones démarre la soirée sans détours. Dès le premier morceau, le groupe impose une musique pop rock bien ficelée. Des Strokes à MGMT les références pleuvent, bref rien de nouveau sous le soleil. Et pour cause, les Meltones n’inventent rien mais ont l’avantage de maîtriser leur sujet. Malgré un combo bien huilé (peut-être même un peu trop), les petits gars de Meltones assurent le spectacle. Mais qu’importe puisque l’énergie et la conviction sont là et c’est au final tout ce qui compte. Et pour cause, la formule marche. Après le tube du groupe, « Don’t stop breathing », le public semble conquis. Les titres s’enchaînent mais laissent une impression de déjà-vu. La reprise de Martin Solveig peut surprendre mais s’avère bien menée par le groupe. Le concert se termine avec l’adhésion du public. Certes le groupe assure le show mais nous laisse un peu sur notre faim. Après un quart d’heure de pause, le groupe toulonnais Appletop change la donne et électrise quelque peu le sujet. Malgré un son saturé (sans doute dû au manque de temps de préparation) qui va décourager les plus sensibles (tant pis pour eux), le groupe s’avère être la véritable surprise de la soirée. Malgré un public parsemé, Appletop offre un show sauvage laissant place à un naturel qui séduit. Ils semblent un peu plus concernés que Meltones et c’est tant mieux puisqu’il termine la soirée en beauté, nous laissant une sacrée énergie.
Texte : Simon Gouget – Charlotte MC
C’est entre deux averses bretonnes que nous sommes arrivés dans l’ambiance bouillonnante du Cubanacan. Le concert a débuté à l’instant même où nous avons franchis la porte embuée du bar. De la basse, un peu de batterie, une atmosphère qui parait à priori tranquille. Pas moins de deux minutes plus tard, le bras en l’air et une pinte à la main, nous changeons radicalement d’avis. Ça calme. En une chanson, le charismatique MC new-yorkais Mister E impose son style et l’ensemble, composé du human beat box Rhum one, une batterie, un sax, une trompette et un clavier, nous fait bouger à en faire trembler le sol. Au premier abord, les musiciens ont tous l’air de débarquer : du bassiste rock au saxophoniste roots en passant par le trompettiste quadragénaire. Une originalité qui forge le cœur du groupe. Le concert se poursuit avec une énergie qui s’amplifie à chaque nouveau morceau mais aussi à chaque démo de beat box ou vannes qui ponctuent le show. A la fin du deuxième set, face à un public en Trans dans le bar, une impro vocale et instrumentale nous achève. Le kiff.
Texte : Steven Lelias – Photo : Christine Bellec
Une demi-heure avant le concert, il fallait déjà jouer des coudes pour se frayer un chemin jusqu’à la scène du Bar’Hic. Hold Your Horses, qui est « à Rennes depuis quatre heures et n’a pas encore testé la galette-saucisse », sait vite conquérir la salle avec sa folk où s’invitent un violon, une trompette et même parfois une clarinette ou une mandoline… jusqu’au tube « 70 millions », repris en chœur par un public enthousiaste. Les six musiciens jouent sur les contrastes, alternant habilement parties instrumentales envoûtantes et refrains plus musclés. Emmené par l’énergie débordante de Florence, la batteuse, le groupe s’éclate visiblement sur scène et c’est à regret que l’on voit déjà arriver la fin du concert. Une bouffée d’air frais plus tard, le compteur de décibels s’affole avec l’arrivée des Crane Angels, qui ne sont pas moins de huit sur scène. Et encore, il en manque trois, auxquels sera dédié ce concert. Pour une chorale pop, on ne s’attendait pas à une telle déferlante d’énergie rock. Le groupe joue des lumières, rouge « sang », puis bleu « disco », pour nous transporter d’un univers à l’autre au fil des chansons. Le public est conquis, hoche la tête en cadence, se déhanche, et réclame à grands cris un, puis deux rappels. « I’m looking for someone not really bad », scandent-ils dans un crescendo final où l’émotion est palpable. Nous aussi, on cherchait quelqu’un de pas trop mal… et il semblerait qu’on l’ait trouvé au Bar’Hic ce soir. « Rendez-vous samedi soir au Dejazey avec Botibol », rappellent-ils en guise d’au revoir, avant de remercier Cyril, le patron du Bar’Hic.
Texte : Lila Haffaf et Marion Bastit – Photo : Manon Bienne
Comme Paplar est cette année privé de Transmusicales, on a demandé à Sylvain son rédacteur en chef de venir traîner un peu aux Bars en Trans et de nous raconter sa soirée. Enjoy.
Ne pas se rendre à Rennes début décembre, c’est comme refuser de rendre visite à la Tante Berthe, vieille et qui pique, au moment de Noël. On vous le reproche jusqu’au Réveillon suivant. Alors, pour éviter de subir les reproches et invectives de toute sorte, j’ai rallié la cité rennaise avec ma bite et mon stylo. Même pas pris de slip de rechange. Pour ne pas passer ma soirée à ne faire que boire, j’ai proposé à Marc Aumont, qui coordonne le Quotidien des Bars en Trans, d’écrire un billet. Je lui dois bien ça à Marc. Ses blagues en rafale ont provoqué chez moi les plus gros éclats de rire de l’année en cours. Au téléphone, Marc me sort : « C’est cool que tu viennes. Tu verras, le Breton est cool. » Je lui réponds que depuis le temps que j’arpente la région, de Brest à Saint-Brieuc en passant par Rennes et Saint-Malo, je sais que les habitants de l’ouest sont forts sympathiques. « Non, tu n’as rien compris, me rétorque-t-il, je te parle de Philippe Le Breton, le codirecteur des Bars en Trans. » Putain, c’est rudement bien fait. Le mec, il s’appellerait Philippe Pacat, je suis sûr qu’il monterait un festival à Marseille.
Arrivé à la rédaction du journal rue Papu, on me refourgue un badge. Et une assistante, Clara. Plutôt jolie au demeurant, mais est-ce vraiment nécessaire qu’on me suive en permanence ? Oui, c’est le contrat ; comme en Amérique. Je décide alors de tout faire pour la semer dans les rues de la ville. Paf, on tombe sur les Chocolate Donuts. « Alors les gars, ça vous fait quoi d’avoir de la promotion ? Il y a deux ans, vous étiez sur la grande scène du Parc Expo des Trans, aujourd’hui, vous jouez dans un bar. C’est cool ? » Sofian, le grand gourou du groupe, s’y colle en grand professionnel rompu à l’exercice : « Constant, le guitariste a couché, mais il faut croire que c’est un mauvais coup sinon on n’en serait pas là effectivement. Mais tu sais qu’on adore Rennes, on doit beaucoup à cette ville et à son public Ici, on est en famille, on est là pour présenter notre nouvel EP de cinq titres. Tiens, je te donne un CD, j’en ai cent. » On finit le calva qu’il nous ont offert et on retrouve Dominic Sonic à deux tables de là. « Dominic, tu joues ce soir ? » « Non, j’ai la flemme. J’ai déjà beaucoup trop donné. Du coup, je vais me balader. » Sonic, c’est quand même l’Historique des Trans, sauf que maintenant il est obligé de quémander son badge. Plus de respect pour les vrais. On finit notre bière, offerte par la fac, et on se rend au Papier Timbré où Chris Isaak, ou un truc du genre, nous assène son soul pleureur. On trace au Dejazey, c’est bien aussi. Le Rover, on ne sait pas dans quelle catégorie on le range. Mais en tout cas c’est cool. La sœur de Camille (la chanteuse) est là. Ça veut dire qu’on s’intéresse à lui. Et pas parce qu’il est sur le même label que Dominique A. Clara continue de shooter. Elle est chiante Clara. Vraiment, quand je serai chef, je m’éviterai ce genre de fléau.
Texte : Sylvain Chantal – Photo : Clara Giboin
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